Frédéric, 37ans, portera a jamais dans ses chairs, les trace du drame. C'était le 23 Janvier 2002. Ce soir-là, il a été trainé sur 1.800 metres sous le fourgon conduit par sa femme, sur l'A36, aux abords de l'aire de Dambenois, dans le Pays de Montbéliard. Transporté au centre des grands brulés de Lyon, il a passé deux ans dans les hopitaux. Celle qui est encore son épouse était poursuivie devant le tribunal pour y répondre de blessures involontaires. La thèse d'une tentative d'homicide n'ayant pas été retenue. La prévenue prétend ne s'etre rendue compte de rien. En 2002, les époux sont à la tete d'une petite société de fret en grandes difficultés. Dans le meme temps, le couple bat de l'aile. Ce jour-là vers 18H, Evelyne, 52ans, circule sur l'autoroute en direction de Montbéliard. Soudain, elle voit le véhicule de Frederic. Ce dernier lui fait signe de s'arreter pour avoir une explication. Il la cherche depuis le matin. Elle finit par s'arreter sur la bande d'arrèt d'urgence.
Bilan médical lourd :
L'échange verbal est bref. "Connaissant mon mari, je m'étais enfermée et j'avais juste entreouvert la vitre. A un moment, il s'est baissé et a donné des grands coups dans les pneus. J'ai crus qu'il voulait les crever et j'ai redémarré", explique la dame à la chevelure blond platine, agrémentée d'une mèche noire sur le devant. La victime a une autre explication : "Mon briquet est tombé et j'ai voulu le ramasser". A ce moment-là, l'épouse serait repartie, renversant son mari avant de le trainer sous le fourgon. Un camion là depasse et lui fait signe de s'arreter. Le chauffeur routier parle d'éclaboussure sortant de sous le fourgon et de ces deux pieds qui s'agitaient. "J'ai cru que j'avais crevé mais je n'ai pas voulus m'arreter", se défend la dame. Le bilan médical est lourd : fracture du fémur, du péroné, de plusieurs cotes, oedème au foie,... Face aux questions du président Kirchner, l'épouse lance : "Je n'en démordrai pas. Il s'est mis tout seul sous les roues".
L'épouse lorgne sur l'argent :
Me Rollet, l'avocate de la partie civile, apporte un éclairage sur la mentalité mercantile de la prévenue : "Elle refuse le divorce en espérant récupérer de l'argent. Elle a dit de mon client : "De toute façon, j'aurai une partie de ce que tu as touché". Un élément qui fait bondir le procureur Gervason : "On toucherait le fond si tel est le cas". Il réclame deux ans de prison dont un an ferme. Me Letondel, l'avocate de la défense, dit que sa cliente "n'a pas voulu supprimer son mari. C'est d'ailleurs lui qui a pris le risque de se mettre devant elle. Il est plausible qu'il est glissé est qu'elle n'est rien vu..." Il reconnait cependant que la dame lorgne sur une partie de l'indemnisationn considérant qu'elle fait partie du préjudice commun. Le tribunal a condamné l'épouse à 6 mois de prison avec sursis. Le mari a été débouté des 20.000 euros de dommages et intérets qu'il sollicitait. En sortant de la salle d'audience, la dame se montrait ostensiblement triomphant en rejoignant son avocat. Le mari faisait part de son intention de faire appel du jugement.
